Archive pour mai 2013

Le vrai visage des réactionnaires

Lundi 27 mai 2013

Les affrontements qui ont eu lieu en marge de la « manif pour tous » du 26 mai, ce  rasssemblement du désespoir, qui était inutile après que la loi eut été votée ont été, n’est pas en réalité un épiphénomène. Même si, selon les déclarations officielles, ces violences ont été l’oeuvre de quelques illuminés membres de groupuscules d’extrême-droite dont la portée reste limitée. Car au-delà des simples interprétations  que l’on peut en faire, ils témoignent d’un mal qui n’a jamais cessé de ronger notre pays et que ces nouveaux fascistes portent en eux, dans la droite ligne de leurs pères spirituels, de la période noire de la collaboration.

Evidemment, pendant des décennies, ils ont été étouffés sous la volonté d’un peuple de se démarquer d’une vision du monde manichéenne autant que détestable, qui a tenté de construire une nouvelle forme d’humanité, à la fois  progressiste dans les droits, respectueuse des différences, et ouverte moralement après des siècles d’un esprit cadenassé par l’Eglise. Ou alors, tous ces conservateurs qui ont refusé d’encourager bien sûr mais aussi de suivre le courant de l’émancipation individuelle, se sont cachés sous le vernis de la démocratie.

Le débat sur le mariage a fait éclater en pleine lumière les divisions d’une droite aimantée par son extrême, et qui a retrouvé ses réflexes d’antan. Après avoir considéré que le président Hollande était arrivé au pouvoir « par effraction », ils ne se sont pas remis d’avoir perdu les élections et surtout, comme beaucoup de responsables  déconnectés des réalités du monde, les leaders politiques n’ont pas compris pourquoi. Mais comme ils n’ont pas accepté de perdre une partie des privilèges qui leur revenaient lorsqu’ils étaient aux affaires, ils se sont rués sur la légitimité du nouveau chef de l’Etat.

Ils l’ont attaqué bille en tête. Mais comme le socio-démocrate ou socio-lbéral Hollande  - c’est au choix- a repris dans le fond leurs idées d’austérité et de soumission à l’Europe, comme il s’est couché à l’instar de Sarkozy devant les marchés et devant Merkel, comme il a aussi, comme l’a toujours fait la droite, cajolé les patrons et les millionnaires, la marge de manoeuvre était difficile pour  oser une critique offensive et radicale.

L’occasion est venue par une loi sociétale. On a vu alors descendre dans la rues des foules bigarrées et surprenantes qui en appelaient à la défense de valeurs, qui dans leur esprits signifiaient valeurs catholiques, et maintien d’une organisation patriarcale selon les canons habituels. Elles parlaient de famille avec des trémolos dans la voix, et certains élus affirmaient qu’ils devaient être là -à savoir dans le rassemblement- au côtés de ceux qui exprimaient des interrogations et de la colère. Mais où étaient-ils tous lorsqu’on a mis à la rue des familles entières expulsées par les autorités pour complaire à un puissant propriétaire immobilier ? Que font-ils face aux statistiques démontrant une inquiétante croissance de la pauvreté chez les enfants ? Où étaient-ils lorsque des salariés ont défendu leur emploi et donc l’équilibre de leur famille ? Où étaient-ils et dans quel camp étaient-ils lorsque des centaines de milliers de personnes ont dit non à une réforme des retraites qu’on leur a imposée et dont la conséquence la qualité de vie des dernières années pour nombre de travailleurs ? Comment réagissent-ils lorsque des banlieues s’enflamment à cause du mal de vivre ou lorsque la discrimation frappe indistinctement tous ceux qui ont le tort de ne pa parler la même langue, de ne pas avoir le même culture et le même dieu et d’être un peu plus bronzé ? Qu’ont-ils dit quand on a détruit le lien social et les services publics et quand on s’est assis sur la vraie démocratie après le référendum de 2005 ?

Alors, venir ajourd’hui se présenter comme des personnalités qui prennent la mesure des attentes des Français, relève d’une exercice d’hyprocrisie de premier ordre. Malheureusement pour elle, à force d’avoir  ouvert la porte à toutes les franges de la contestation, la droite s’est laissé débordée par la violence de groupes hétéroclites réunissant dans la même haine de la liberté pour les autres des fils à papa et des casseurs incultes qui par leurs exactions ont montré le vrai visage des réactionnaires de ce pays. Les bas du front manipulés par les idéologues extrêmistes qui ne sont pas sortis de la doctrine du nationalisme intégral cher à Maurras.

La loi autorisant  le mariage pour tous, est un texte quui défend la liberté de chacun de faire ce qu’il veut de sa vie privée. Cela n’interfère en rien dans la vie d’autrui. Mais les réacs, ils l’ont montré, ne supportent pas que cette liberté s’exerce ainsi, eux qui ont le culte du chef qui témoigne d’ailleurs de leur incapacité à défendre un libre arbitre et qui, ce qui est bien commode parfois pour ne pas assumer, se range derrière la loi naturelle.  Leur dogme consiste à ne rien permettre qui soit contraire à leur tradition, le tout sur fond de pudibonderie, de morale dépassée dont ils s’affranchissent eux-mêmes volontiers, d’un patriotisme de façade, de racisme et de discrimination pour qui n’est conforme à leurs normes, le tout avec intimidations et violences.

Tout le contraire donc d’une société de progrès telle que la conçoivent les hommes de bonne  volonté qui ont conscience que l’avenir de l’humanité passera par un bien être des individus dans leurs vie quotidienne, aujourd’hui comme demain. Afin que l’on arrive  enfin un jour à ce que ce fugitif passage sur terre de l’humain soit davantage fait de satisfactions que de souffrances, de libertés que de contraintes. L’individu a davantage d’intérêt que les concepts, et l’humanité est au-dessus des morales rassises et dépassées. C’est ici et maintenant que l’on veut exister au sens philosophique du terme, et contribuer à préparer un futur meilleur pour les générations à venir. Pour cela il faut faire gagner le progrès et la fraternité face à la bête immonde sommeillant dans les jardins de la République, autour de ces grandes rondes officielles où se pavanent ceux qui croient qu’ils suffit d’avoir obtenu un semblant de respectabilité pour être vraiment respectables.